Protéger les jeunes grâce à la vaccination, un enjeu de santé
publique majeur
La Semaine Européenne de la Vaccination (SEV),
organisée par le Ministère de la Santé, des Familles, de l’Autonomie et des
Personnes handicapées et Santé publique France, et pilotée en régions par les
Agences Régionales de Santé (ARS), s’est déroulée, cette année, du 27 avril au
3 mai.
Cet événement est l’occasion de promouvoir la
vaccination en rappelant son rôle essentiel pour se prémunir contre de
nombreuses maladies infectieuses, et diminuer le risque d’épidémie. C’est un
enjeu majeur de santé publique pour la protection sanitaire des populations, en
particulier les plus vulnérables.
Cette semaine est un rendez-vous essentiel pour tous,
professionnels de santé et citoyens, pour s’informer et vérifier son statut
vaccinal. Elle est l’occasion de publier les dernières estimations de
couvertures vaccinales, présenter les nouvelles recommandations vaccinales et
rappeler les messages de prévention adaptés à tous les âges de la vie. En 2026,
la SEV met particulièrement l’accent sur la vaccination des adolescents et des
jeunes adultes. L’objectif : mieux protéger ces populations en renforçant
la promotion des vaccinations contre les infections à papillomavirus humains
(HPV) et les méningocoques, dont les recommandations vaccinales ont récemment
évolué.
Le calendrier vaccinal 2026 introduit plusieurs évolutions
importantes, visant à renforcer la protection de la population et à mieux
cibler les publics à risque.
Vaccination contre les infections
à HPV : une vaccination élargie pour mieux protéger toute une génération
La vaccination contre les infections à HPV est toujours
prioritairement recommandée entre 11 et 14 ans, période où son efficacité est
maximale. Elle est notamment proposée gratuitement dans le cadre d’une campagne
vaccinale au collège pour les élèves en classe de 5e.
En outre, afin d‘offrir un rattrapage pour celles et ceux
n’ayant pas été vaccinés plus jeunes, la vaccination contre les infections à
HPV est élargie : elle concerne désormais l’ensemble des jeunes hommes et
des jeunes femmes jusqu’à l’âge de 26 ans révolus, afin d’améliorer la
prévention des cancers liés à ces infections. Elle est prise en charge à
65 % par l’assurance maladie.
Vaccination contre les
infections invasives à méningocoques : une stratégie vaccinale renforcée
pour mieux protéger les populations les plus exposées aux méningites et
répondre à la recrudescence de ces infections
Une augmentation du nombre de cas d’infections invasives à
méningocoques a été constatée ces dernières années. Les méningocoques sont des
bactéries normalement présentes dans la gorge et le nez de nombreuses
personnes. Certains méningocoques peuvent parfois provoquer une maladie très
grave comme une méningite ou une septicémie qui peut être mortelle ou laisser
des séquelles importantes (paralysie, retard mental...). La vaccination reste le
moyen le plus efficace pour les prévenir.
De ce fait, la stratégie de vaccination a été renforcée afin de
protéger les populations les plus à risque :
Vaccination contre les
infections à pneumocoque : un nouveau vaccin pour une protection élargie
Concernant les infections à pneumocoque, un nouveau vaccin,
Capvaxive, est intégré à la stratégie vaccinale. Il peut être utilisé, au même
titre que Prevenar 20, chez les adultes à risque accru ainsi que chez toutes
les personnes âgées de 65 ans et plus, selon un schéma simplifié à une seule
dose.
Vaccination contre la
grippe saisonnière
Chez les personnes âgées de 65 ans et plus, l’utilisation des
vaccins à forte dose ou avec adjuvant est privilégiée, bien que l’utilisation
des vaccins à dose standard reste possible.
Par ailleurs, un nouveau vaccin, Flucelvax, est désormais
intégré dans la stratégie de vaccination antigrippale pour les enfants à partir
de 6 mois présentant un risque de forme grave, afin d’élargir les options
disponibles (pris en charge à 65% par l’assurance maladie).
Vaccination contre les infections
à HPV
La couverture vaccinale du vaccin contre les infections à HPV continue d’augmenter :
En 2025, 61,6 % des jeunes filles de 15 ans avaient reçu
une première dose de vaccin. Elles étaient 58,4 % en 2024 ;
En
2025, 46,0 % des jeunes garçons de 15 ans avaient reçu une première dose
de vaccin. Ils étaient 36,9 % en 2024.
Cette évolution positive s’inscrit dans le contexte des
campagnes de vaccination organisées dans les collèges et dans les
établissements médico-sociaux accueillant des jeunes en situation de handicap,
qui permettent de :
Afin d’obtenir l’élimination des cancers liés aux infections à
HPV, dont notamment le cancer du col de l’utérus, l’objectif d’une couverture
vaccinale est fixé à 80 % à l’horizon 2030 par la Stratégie décennale de
lutte contre les cancers.
Vaccination contre les
infections à méningocoques
Les couvertures vaccinales contre les méningocoques sont élevées
chez les nourrissons, tandis qu’elles doivent progresser chez les adolescents
et les jeunes adultes.
Chez les nourrissons : une première dose de vaccin contre
les méningocoques ACWY à 8 mois a été reçue par 88,2 % des nourrissons et
une première dose de vaccin contre le méningocoque B a été reçue par
96,8 % des nourrissons.
Chez les jeunes :
En 2025, les couvertures vaccinales contre les méningocoques
ACWY sont estimées à 17,1 % chez les 11 à 14 ans et à 10 % chez les adolescents
âgés de 15 ans.
Les
jeunes de 15-24 ans sont 7,9 % à être vaccinés.
Les actions de communication et d’aller-vers envers ces publics
seront poursuivies. A ce titre, depuis septembre 2025, la campagne de
vaccination au collège, qui permettait initialement de vacciner gratuitement
les adolescents contre les HPV, a été élargie. Désormais, la vaccination contre
les méningocoques ACWY y est également proposée. Elle peut être réalisée en
même temps que l’injection du vaccin contre les infections à HPV.
Vaccination contre la
rougeole
La couverture contre la rougeole, les oreillons et la rubéole à
l’âge de 24 mois est de 95,5 % pour la première et de 92,7 % pour la
deuxième dose, ce qui représente une évolution positive depuis 2018. Néanmoins,
dans le contexte actuel d’augmentation du nombre de cas de rougeole en France,
il convient de rappeler que les couvertures vaccinales (2 doses) restent encore
inférieures (au niveau national et dans chaque région) à 95 %, qui est
l’objectif à atteindre en vue de l’élimination de la maladie. Au-delà de la
vaccination des nourrissons, il convient de poursuivre le rattrapage des
personnes non ou insuffisamment vaccinées.
Plus de 8
personnes sur 10 favorables à la vaccination
Santé publique France publie les données relatives à l’adhésion
à la vaccination afin d’orienter et de développer des actions visant à
promouvoir la vaccination auprès des professionnels de santé et de la
population.
Les résultats du Baromètre de Santé publique France 2024
confirment une bonne adhésion de la population à la vaccination en
général : 80 % des adultes de 18 à 79 ans sont favorables à la
vaccination. Parmi eux, 25 % déclarent être très
favorables à la vaccination.
L’adhésion à la vaccination, qui ne diffère pas selon le sexe,
est en revanche plus élevée aux âges extrêmes, chez les 18-29 ans et chez les
70-79 ans. Autre constat : il persiste des disparités socio-économiques,
avec une adhésion vaccinale plus importante parmi les personnes présentant un
niveau d’éducation plus élevé et une meilleure situation financière.
Néanmoins, parmi les 18-75
ans vivant en France hexagonale, l’adhésion vaccinale amorce une légère
diminution en 2024, en comparaison avec l’édition précédente du
Baromètre de Santé publique France (80 % versus 84 % en 2021).
Ces résultats montrent qu’il est important de poursuivre les
actions d’information et de promotion de la vaccination auprès de tous, dans
une optique de protection collective.
Vaccination-info-service.fr :
Des contenus sur la vaccination, accessibles à tous pour s’informer et agir
Le site de référence de Santé publique France sur la
vaccination, Vaccination-info-service.fr avec ses
deux versions - grand public et professionnelle - permet à chacun d’accéder à
des informations factuelles et pratiques sur la vaccination aux différents âges
de la vie, sur une vaccination particulière ou sur une maladie. Ce site
internet fiable et complet met à disposition de tous, des informations
scientifiquement validées et récentes. Il contribue ainsi à la lutte contre la
désinformation en santé et plus particulièrement à la lutte contre la
désinformation vaccinale, enjeu de santé publique majeur.
Régulièrement actualisés et enrichis en contenus textuels et
vidéos, notamment avec les nouveautés du calendrier vaccinal, les deux espaces
répondent au plus grand nombre de questions à travers différentes
rubriques : les bénéfices de la vaccination, où et quand se faire
vacciner, les principales contre-indications... L’espace dédié aux professionnels
de santé, acteurs essentiels de la vaccination, contient des informations plus
complexes et plus détaillées.
Depuis 2022, le carnet de vaccination électronique est inclus
dans l’espace numérique en santé “ Mon espace santé ”. Il
permet aux professionnels de santé comme aux usagers de renseigner les
vaccinations réalisées et de connaitre les prochaines vaccinations prévues
selon l’âge.